Bilan de fin de saison : Urawa Red Diamonds (5/18)

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Une équipe en manque de stabilité

Après avoir connu une période « prospère » entre 2006 et 2007 sous la direction de Guido BUCHWALD, puis Holger OSIECK, l’équipe des Reds d’Urawa rencontre depuis toutes les difficultés du monde à assumer son statut de « grande » équipe du football japonais. Cela s’est tout d’abord vérifié dans la gestion tout simplement laborieuse d’un effectif de qualité. Si le départ de Makoto HASEBE vers l’Europe était inévitable, ceux d’Hajime HOSOGAI, Yuki ABE, Shinji ONO et Marcus TULIO Tanaka étaient quant à eux largement dispensables.

La perte de ces quatre éléments-clé en l’espace de trois saisons, le recrutement basé principalement sur de jeunes joueurs (UMESAKI, KASHIWAGI, HARAGUCHI, YAMADA), le déclin des valeurs sûres (PONTE, TAKAHARA, EDMILSON) ainsi que les bides de MAZOLA et Marcio RICHARDES ont bien failli conduire le club à la catastrophe cette saison.

Pourtant, quand on regarde de plus près les précédentes sorties de l’équipe (qui réalisait alors déjà des performances en dents de scie), de nombreux indicateurs laissaient présager le pire : style de jeu ennuyeux, manque d’un véritable collectif et d’une véritable cohésion défensive.

Il serait même possible de remonter jusqu’à la fin de l’ère OSIECK mais c’est surtout sous la direction de FINKE que le club a véritablement entamé sa descente vers la médiocrité. Zelko PETROVIC n’est donc pas le seul responsable de ce fiasco sans nom; il sera simplement venu apporter la dernière pierre à un édifice qui s’est écroulé en grande partie cette année.

Une saison calamiteuse

La phase aller

Sur cette saison 2011, Urawa affiche un bilan digne d’un relégable : 8 victoires, 12 matchs nuls, 14 défaites (36 buts marqués, 43 encaissés). Pourtant, l’arrivée de Zelko PETROVIC fin 2010 à la tête du club devait permettre de renouer avec le succès. Que s’est-il donc passé ?

Si l’on regarde et analyse l’équipe-type de début de saison, on peut comprendre facilement le schéma tactique mis en place par l’entraîneur monténégrin.

Des joueurs d’expérience occupent les postes-clé (YAMAGISHI dans les buts, YAMADA et NAGATA en défense centrale, RICHARDES au milieu de terrain, EDMILSON et TANAKA en attaque). Un schéma tactique qui aurait pu tenir la route si tous ces joueurs avaient évolué dans un collectif bien huilé. Ce qui n’a malheureusement pas été le cas.

Les cinq première rencontres ont eu un arrière-goût de fin de préparation : une défaite, trois matchs nuls et une victoire. Très peu d’enseignements ont été tirés de ce début de championnat poussif, les spécialistes s’accordant sur le fait que l’équipe était encore en court d’expérimentation, ce qui était bien entendu le cas.

Les choses iront de suite beaucoup mieux pour les hommes de Zelko PETROVIC, qui connaîtront deux succès dont un de prestige lors de la 8ème journée (3-0) face au champion sortant Nagoya. Un résultat qui allait être rapidement éclipsé par les défaites concédées à domicile (0-2) face à Yokohama mais surtout à l’extérieur sur la pelouse du promu Kashiwa Reysol (3-1).

Cette incapacité à enchaîner les victoires allait laisser la place au doute. Une nouvelle fois, les Reds allaient perdre des points à domicile en concédant des matchs nuls face au Cerezo Osaka (1-1), Kashima Anlters (2-2) et Albirex Niigata (1-1), puis arracheront difficilement un petit point sur les terrains d’Omiya Ardija (2-2) et de Sanfrecce Hiroshima (0-0). Si les coéquipiers de KASHIWAGI étaient parvenus à faire le plein de victoires à domicile, la donne aurait pu être différente pour le reste de la saison. Au final, tout se sera joué à chaque fois sur un petit but. Un seul et malheureux petit but qui aurait permis à l’équipe de véritablement se lancer.

Après s’être incliné devant son public contre Shimizu (1-3), Urawa parviendra à mettre fin à une série de huit matchs sans victoire en s’imposant 3-0 face au promu de Fukuoka. Une véritable délivrance, qui est venue redonner du baume au cœur des supporters même si elle n’a pas pour autant effacé toutes les lacunes offensives constatées jusqu’alors.

La phase retour

Les deux premières rencontres de la phase retour allaient donner un espoir à Urawa : un nul obtenu sur la pelouse de Nagoya et une courte victoire sur la pelouse de Kawasaki Frontale. De quoi remettre l’équipe sur les rails avant une nouvelle désillusion à domicile 3-2 face à Kobe.

Comme tout un symbole du manque de régularité du club, les hommes de Zelko PETROVIC s’imposeront sur le même score à Niigata avant de chuter, toujours 3 buts à 2, sur le terrain du promu Venforet Kofu.

Une défaite face à un concurrent direct au maintien qui laissera des traces. Le nouveau revers concédé à domicile face à Yamagata sera quant à lui celui de trop pour HASHIRATANI. Le manager général du club est alors remercié pour ses « bons et loyaux » services. Une décision étrange qui n’aura pratiquement aucun effet sur les résultats du club.

Il faudra en effet attendre la 30ème journée du championnat et le licenciement de Zelko PETROVIC pour voir les Reds remporter leur troisième match de la phase retour (1-2) sur le terrain de Yokohama. Les quatre dernières rencontres du championnat seront quant à elles calamiteuses (2 défaites, 1 match nul et 1 petite victoire). Les Reds devront leur salut aux résultats du malheureux Venforet Kofu, qui, malgré sa bonne fin de saison, jouera en deuxième division l’année prochaine.

Enfin, concernant le schéma tactique et l’équipe-type de la saison, il est difficile de l’établir objectivement tant PETROVIC aura tout tenté (4-2-3-1, 4-3-3, 4-4-2) et fait tourner au niveau de l’attaque, du milieu et de la défense. Néanmoins, voici l’équipe que nous retiendrons :

Recrutement indispensable ?

Quelques joueurs auront confirmé leurs qualités individuelles en 2011. KATO a su pallier à la méforme de YAMAGISHI. Au milieu de terrain, KASHIWAGI et HARAGUCHI auront eux aussi montré de belles choses alors que Naoki YAMADA a retrouvé petit à petit son niveau de jeu.

Au final, seules l’attaque et la défense auront vraiment été faillibles. La faute aux mauvaises prestations d’EDMILSON, MAZOLA, ESCUDERO, YAMADA et au faible impact qu’aura eu RICHARDES sur le jeu. Tatsuya TANAKA, toujours aussi fragile physiquement, est pour sa part en fin de carrière et ne possède plus les jambes de ses 20 ans.

L’arrivée du nouvel entraîneur (Mihailo PETROVIC de Sanfrecce Hiroshima) pourrait bel et bien changer la donne. Les noms de Kazuma WATANABE (Yokohama) et Tadanari LEE avaient notamment été évoqués, preuve que le secteur offensif d’Urawa est bel et bien malade. D’autres joueurs à vocation défensive pourraient aussi s’engager en faveur des Reds. Yuki ABE (Leiceister) et Tomoaki MAKINO (Cologne) sont les noms qui ont circulé ses dernières semaines.

Un large chantier de construction attend l’équipe d’Urawa et il est certain que des fondations solides devront être posées pour éviter un nouveau scénario catastrophe, qui pourrait avoir cette fois-ci autre chose qu’un happy ending.

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