20 ans de la J.League : PES 3, le chaînon manquant

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J.League PES 3

Dix ans après la création de la J.League, cette dernière a bien fait parler d’elle sur nos consoles préférées et toutes les saisons ont pu être revisitées en pixels par les joueurs. Pourtant, à mi-chemin entre 1993 et aujourd’hui, ce qui est à ce moment-là la meilleure série de jeux de football ne lui fait pas honneur, quand bien même son développeur en possède la licence. La troisième version de la série Pro Evolution Soccer (Winning Eleven en patois local) n’affichera pas l’ombre d’une chaussette japonaise dans son contenu, si ce n’est celle de la sélection nationale. Un regrettable oubli car l’opus en lui-même pose les bases d’un nouveau moteur de jeu, qui sera ensuite usé jusqu’à la moelle et connaîtra un succès retentissant, jusqu’à son abandon et l’avènement de la HD.

Des modes de jeu complets

Tout part de là.

PES 3 reprend tous les modes présents dans PES 2 : Exhibition, Coupe, Ligue, Entraînement et Ligue des Masters. En match amical, il est possible de faire des duels aux pénaltys. Beaucoup de jeux n’ont pas ce bonus et on le regrette parfois. PES 3 ajoute la possibilité de choisir un joueur unique à diriger pendant le match. Cela donne un semblant d’échantillon du mode « Be a Legend » qui sera inclus plus tard dans les opus HD.

Le mode « Tirs au but ».

Le mode Entraînement propose des tutoriels pour novices, un rappel de tous les contrôles, ainsi que des challenges à compléter pour le fun, à la difficulté croissante. Et bien-sûr, la Ligue des Masters reste le mode le plus prisé des joueurs en offrant la possibilité de gérer une équipe sur tous les tableaux d’une saison, en pouvant modifier les effectifs par des transferts avec les autres équipes. Pourtant, le mode reste encore très perfectible : le gros inconvénient est la rigidité de la composition des groupes. Ceux-ci sont préétablis par le jeu, en triant les équipes par leur géographie. On ne peut pas choisir le nombre d’équipes, contrairement au mode Ligue. Cela sera corrigé plus tard.

Un jeu « international »

Le challenge est au rendez-vous.

A l’instar des éditions précédentes, PES 3 se revendique accessible à tous les joueurs du monde, avec des équipes de tous bords, ce qui s’oppose avec les éditions locales, les J.League Winning Eleven, qui eux ne concernent que les championnats japonais. On peut d’ailleurs lire sur les écrans de chargement : « now loading : world soccer« . Le football mondial. Quand on y regarde de plus près, s’il y a effectivement de nombreux pays du monde disponibles, les équipes de clubs présentes dans le jeu viennent toutes d’Europe !

« Now loading : World Soccer« 

En vérité, les développeurs ont conçu le jeu avec en tête les compétitions européennes et non pas les championnats. Cela explique entre autre la présence de Lens ou d’Auxerre dans le jeu. Ceux qui ont l’œil verront dans le maillot du Milan AC utilisé dans le jeu la confirmation, celui-ci étant utilisé dans sa version Champions League, avec le fond noir uni sous le numéro du joueur.

L’édition, arme anti-FIFA

Faut tout faire soi-même…

En parlant d’esthétique, dont je suis un maniaque, le gros point fort du jeu est sa capacité d’édition et l’accessibilité de ces outils directement dans le jeu. Lorsque j’ai joué à PES 3 pour la première fois chez un ami, j’ai été subjugué de voir un tel panel d’options pour customiser son jeu. C’est ce qui m’a fait lâcher FIFA pendant quelques années, après l’opus 2003 (dont je suis certainement le plus gros fan, cela dit), pour la série de Konami.

La série des FIFA a inclus des outils similaires dans ses jeux mais de façon très irrégulière. FIFA 2002 est sans doute l’un des plus éditables par exemple mais, par la suite, il fallait utiliser des logiciels extérieurs au jeu pour parvenir à modeler un peu le contenu. Et leur utilisation n’était pas évidente. EA Sports a préféré se concentrer sur ses licences, ce qui a fait le bonheur de beaucoup de joueurs.

Ajax, Monaco, Bordeaux, Lyon, Paris, Turquie… modèles prédestinés ou coïncidence ?

Mais pour ma part, le mode Modifier de PES 3 représentait à l’époque le nirvana. Depuis PES 2, l’équipe de Konami a ajouté la possibilité de « monter » soi-même le visage des joueurs morceau par morceau (pour obtenir une ressemblance optimale avec le visage réel) et propose des modèles d’uniformes pré-dessinés dont on peut choisir la couleur des différents empiècements. Ces modèles sont en réalité prévus par le développeur pour correspondre officieusement aux vrais maillots des équipes présentes dans le jeu mais qui ne peuvent pas les revêtir par défaut, faute de droits ! Une habile façon de contourner ainsi les problèmes de licence.

Incompatibilité de formats ?

Seabass, le responsable en charge de la série chez Konami, avait indiqué qu’il n’y avait pas eu d’opus J.League pour cette version du jeu en raison d’une concentration de son équipe sur le gameplay du prochain épisode. Pourtant, c’est une drôle d’excuse étant donné que le jeu, dans sa version internationale, a bien été réalisé, lui. Et est quand-même sorti au Japon (World Soccer Winning Eleven 7). Par ailleurs, une version mise à jour, World Soccer Winning Eleven 7 International, a été produite en 2004. Est-ce réellement un manque de temps ? On peut supposer que oui, pour une raison de format : à l’époque, le championnat japonais se déroule en deux phases, ce qui n’est pas le cas pour les ligues européennes, modèle sur lequel se base le jeu. Les champions des deux phases se rencontraient dans le Suntory Championship, qui décidait du vainqueur de la saison. De plus, le temps additionnel est, cette saison, supprimé en J.League, les matchs se terminent après 90 minutes. Cela reste une supposition mais il est possible que ce soit à cause du temps que cela aurait pris pour intégrer cette option de format et de paramètres dans le nouveau moteur du jeu utilisé par PES 3 qu’une version J.League n’a pas vu le jour cette année-là.

Dix ans après

Aujourd’hui, les jeux contenant la J.League restent uniquement accessibles (de façon officielle) au Japon. Néanmoins, en cadeau bonus pour l’anniversaire de la ligue, Nippon Ganbare fait coup double en comblant l’absence de J.League en 2003 (quelle erreur, non mais quelle erreur, ahlala mes pauvres gens) et en vous permettant de profiter des clubs japonais sur votre ordinateur : en effet, si vous possédez le jeu PES 3 sur PC, vous pouvez télécharger le patch J.League PES 3 à l’adresse ci-dessous, qui modifiera certaines équipes du jeu pour les remplacer par les seize équipes de division 1 japonaise de l’époque !

Télécharger le patch J.League PES 3 sur Gamefront

Pour plus de détails, vous pouvez consulter la notice ci-dessous :

Notice J.League PES 3

Précisons que le jeu sera modifié en Anglais, Français, Allemand, Italien et Espagnol, des fois que Cyril Linette et Stephane Guivarch’ vous gonflent. Une bonne chose de faite.

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