[Nylon Ganbare] Numéro 4

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Nylon Ganbare

Il apparaît que les trois quarts de la ligue ont décidé de sortir leurs nouvelles tenues la même semaine, ce qui m’a forcé à changer mes plans. A la base, il était prévu que cette édition consiste en un long historique, lyrique et romancé, des uniformes enjôleurs de ce magnifique club qu’est le Ventforet Kofu. Mais du coup, c’est reporté à une date indéfinie. Pourquoi pas la semaine prochaine ? Parce que. Voici donc, en lieu et place de ce qui aurait valu un Pulitzer les doigts dans le nez (dire du bien de Kofu, ça vaut bien ce genre de récompense), le second point détaillé sur les nouveautés pour la saison 2013. Et inutile de préciser que Nylon Ganbare, la rubrique plus fit que son ombre, aura à cœur de dénoncer les mauvais élèves. Déjà qu’ils ont fichu en l’air mon planning de rêve…

Consadole Sapporo : Attention, nous sommes en présence de maillots Kappa. Le terme « changement » a donc dix fois moins de valeur ici que dans les autres paragraphes. Ce n’est pas qu’il n’y a aucun changement (ils se débrouillent toujours pour en incruster un ou deux une semaine avant la fabrication) mais il n’est pas forcément là où on l’attend avec Kappa : la firme a utilisé le même modèle pendant plus de dix ans, en changeant le motif imprimé sur les faces avant et arrière, la taille et la position de ses logos et parfois les coutures en partie basse. Cependant, ne soyons pas mauvaise langue, pour cette saison 2013, le col ainsi que les panneaux latéraux ont été modifiés. C’est énorme… et je suis sérieux. De plus, les rayures qui caractérisent le Consadole ont été affinées et les « cristaux de neige » qui les remplissaient la saison dernière ont été déportés sur les panneaux latéraux. De quoi faire sauter au plafond les gens qui s’étaient habitués à observer un simple changement de couleur de couture ces dernières années. A l’extérieur, les cristaux de neige apparaissent en noir et en rouge sur toute la face avant, sur tout la face arrière et ne sont pas inspirés de la marque Louis Vuitton (non, parce qu’on me l’a demandé, donc je précise). A noter que le maillot extérieur accentue une asymétrie entre les deux couleurs du club à travers les logos. Au final, des uniformes qui, de loin, peuvent laisser indifférent mais qui, de près, se distinguent bien de leurs prédécesseurs. Un bon point pour Kappa.

Vegalta Sendai : L’équipe a joué sous une bonne étoile en 2012. Non, attendez… sous deux bonnes étoiles. Vega et Altaïr, comme toujours, sont mises à l’honneur sur le maillot du club qui porte leurs noms. La paire verte et jaune apparaît comme toujours dans un coin du maillot. Asics, sans révolutionner la construction du produit, signe là un design accrocheur, ou du moins intrigant : si les flancs et les dessous de bras ne sont pas sans rappeler un certain classicisme en affichant des panneaux bleus unis, déjà vus par le passé à Sendai, le motif frontal associe histoire et audace. Histoire car, une fois de plus, une grande portion de la surface du maillot est jonchée d’étoiles. Il ne s’agit plus de petites étoiles discrètes mais d’une variété d’étoiles tantôt modestes, tantôt assez grandes pour être creuses et faire ressurgir dans la mémoire des fans les débuts du club. Audace, grâce à ce « rayon » bleu invitant l’observateur à voir en lui une trainée d’étoile filante. On peut le qualifier de « parachuté sans raison sur le maillot », ou bien de « complément original aux étoiles déjà présentes », ce rayon bleu remplit en tout cas son rôle qui est de permettre aux uniformes de rester dans les mémoires des fans comme ceux utilisés en Asian Champions League. En plus, la marque nippone applique pour la première fois à un uniforme, ici sur le short, son célèbre motif utilisé sur ses chaussures. Nylon Ganbare adhère.

Giravanz Kitakyushu : Après trois saisons à utiliser le même jeu de maillots fabriqué par Umbro, Kitakyushu aurait sans doute bien aimé l’user jusqu’à la dernière fibre mais c’était sans compter sur une fuite quasi totale de la firme britannique (le Gamba semble être le seul rescapé). Nike ayant racheté Umbro il y a quelques temps de cela, ils ont l’air d’avoir décidé d’éclipser la marque aux losanges, y compris dans le reste du monde (Manchester City, Bilbao, Blackburn et la sélection nationale anglaise, entre autres, passent chez Nike). Fort heureusement pour son image, Giravanz va échapper au teamwear que Nike aime refourguer aux clubs de seconde zone, puisque, tout comme Tosu, ils vont changer de crémier et faire appel aux services de Bonera, une compagnie plutôt méconnue dans le football et qui a eu la bonne idée d’ajouter in extremis une dernière voyelle à son nom. A priori, c’est une marque japonaise, étant donné qu’on ne trouve ses produits que sur Rakuten, mais rien n’est moins sûr. Enfin si, il y a plein de choses moins sûres que ça mais vous voyez ce que je veux dire. Kitakyushu, n’ayant sûrement plus rien à jouer avant tout le monde en 2012, a été parmi les premiers à révéler ses nouveaux uniformes. Si la coupe peut sembler approximative, le design en rayures progressives fait un tel bien après trois ans de maillot générique qu’on lui pardonne volontiers. Les autres maillots sont anecdotiques et ne cassent de toute façon pas des briques mais ils ne sont pas non plus plats au point de pouvoir servir un rôti dessus. Après tout, les clubs jouant en jaune à domicile changent rarement d’uniforme. Sauf contre Chiba. Et Tochigi. Détail amusant : la sélection de Catalogne a révélé son nouveau maillot extérieur quelques temps après Kitakyushu et celui-ci ressemble énormément au paletot du club japonais. C’est amusant mais ça ne va plus loin, n’y voyez pas une tentative de copie ou quoi que ce soit. La sélection de Catalogne ignore sûrement l’existence de Giravanz. C’est probablement réciproque.

Matsumoto Yamaga : Matsumoto peut se sentir honoré. En effet, le club rejoint le cercle de moins en moins fermé des équipes fournies par Adidas qui se voient porter des maillots aux trois bandes de couleur dorée. Après Séoul, après Marseille, après Madrid, après Munich, après Swansea, Moscou, Tokyo et avant Milan, Matsumoto va à son tour se la jouer un peu bling-bling. A part ça, l’uniforme est uni. Mais selon Adidas, ça a bien marché avec Madrid et Swansea. Sauf qu’ici, le blanc est remplacé par du vert foncé. Comme c’est la couleur du club, c’est plutôt logique, alors admettons. Et puis, le maillot extérieur est, lui, blanc. Dans le doute. Mais ce qu’on peut reprocher, c’est de voir Adidas baser ces nouveaux maillots sur sa collection 2012, alors que la firme allemande a élaboré les maillots des autres clubs japonais en phase avec sa nouvelle collection pour 2013. Comme c’est uni, ça ne gène pas vraiment, mais ceux qui sont au fait de cette pratique peuvent se sentir un peu vexés. Autrement, il n’y a pas grand chose à dire, le sponsor blanc s’intègre correctement, le flocage (même s’il a l’air funky) n’est pas jaune ou rouge vif. Un peu de facilité mais ça contentera le plus grand nombre.

Mito Hollyhock : Depuis un certain nombre d’années, il y a quelque chose d’étrange chez Mito : le club, sur le terrain, n’affiche plus du tout les couleurs de son drapeau. Celui-ci est bleu roi, traversé par un dragon bleu clair ombré de jaune vif. Qu’on ne s’y trompe pas, l’équipe a déjà joué dans ces couleurs. Enfin, disons qu’elle a joué dans un maillot à deux teintes de bleu (roi et légèrement plus clair), séparées par une couture jaunâtre. Mais désormais, le club joue en maillot rayé bleu roi et bleu très foncé. Peu de rapport avec le drapeau donc, mais si c’est la volonté du club d’en faire une tradition, on ne peut pas l’en empêcher. A l’extérieur, la « nouvelle » tradition propose des rayures blanches et noires. Un petit côté Juventus, ce petit côté qu’a justement abandonné le Vissel Kobe jadis. Ces nouveaux uniformes ont l’avantage d’être sobres par rapport à l’année passée, où venaient s’ajouter d’affreux panneaux couleur or foncé près du col. L’équipementier est toujours le japonais Gavic, qui semble lui aussi être un petit nouveau dans le paysage professionnel, bien que son contrat avec Mito ne date pas de 2013. Pas mal mais cette identité à rayures risque d’être légèrement éclipsée par le Gamba Osaka, surtout en cette saison 2013.

Tochigi S.C. : Tochigi S.C. est un de ces clubs au capital sympathie assez élevé (surtout quand on nous le présente d’une façon aussi soignée que le fait un des membres du forum) mais qui se contente de « subir » ce que son équipementier veut bien lui donner. Mizuno étant japonais, la compagnie fait un minimum d’effort pour respecter les couleurs de ses clubs, même quand l’uniforme en lui-même est son modèle le plus simple, sans fioriture ni personnalisation. Tochigi reçoit donc de la part de Mizuno un uniforme pour les matchs à domicile traditionnellement jaune, bleu et vert, à la brésilienne (mais ça ne date pas de l’arrivée d’Alex Santos) et conçu à partir de la nouvelle collection. Sans plus. Il y a une différence de teinte dérangeante entre le bleu du maillot et le bleu du short et des chaussettes, mais bon. A l’extérieur, le club jouera en gris et bleu. Le gris est à priori la couleur favorite de Mizuno lorsqu’ils n’ont pas d’idée plus originale. Le Cerezo Osaka était, il y a un certain temps, le témoin privilégié de cette caractéristique. Un club qui ne cherche pas d’histoire pour des uniformes qui ne cherchent pas à se faire particulièrement remarquer. Enfin, ils aimeraient bien monter en J1 un jour quand-même, histoire de dire bonjour.

Thespa Kusatsu : Comme pas mal d’autres écuries, Thespa Kusatsu possède une hiérarchie chromatique mais pas de design traditionnel comme les rayures du Gamba, par exemple. Du coup, le club a longtemps joué dans un uniforme à dominante bleu nuit décoré de quelques touches jaune pâle plus ou moins proéminentes. Ces dernières années, il arborait à son tour des rayures, jaune sur fond bleu nuit, bien-sûr. Mais historiquement, rien ne l’obligeait à les garder. De plus, le contrat avec A-Line (rappelez-vous, les champions du changement grossier) se terminant, ils ont alors signé avec Finta. Avec un « i ». Et Finta avec un « i » a décidé qu’il avait envie qu’on se rappelle de lui. Voilà pourquoi Thespa va jouer dans un uniforme qui ressemble assez à celui du PSG mais avec du jaune à la place du blanc, et une incorporation de rouge (présent sur le blason) aux doubles rayures qui forment le design, le tout sur fond de papier peint en surimpression affichant une répétition de la silhouette de la préfecture de Gunma sur toute la surface disponible. Ajoutez à cela un col très très très montant et vous obtenez quelque chose d’ubuesque qui permettra au club d’exister au moins visuellement. Les maillots des gardiens, pour couronner le tout, ont choisi d’être vert et orange histoire de parachever la note de teinturier. Bon, ils n’ont pas forcément choisi, non. A l’extérieur, Thespa s’en sort bien malgré tout. Ils joueront avec la même chose que chez eux mais dans une couleur blanche qui apporte un peu de retenue, quelque part. Le maillot est vendu quinze mille yens. L’originalité, ça a un prix.

Urawa Red Diamonds : Il est possible que Nike ait compris le potentiel marketing de certains choix de couleurs quand il s’agit des diamants rouges. Parlons tout de suite du maillot émeraude. Techniquement, il ne sert absolument à rien, mais comme c’est une couleur inédite pour les joueurs de champ, ses ventes risquent d’être bonnes, malgré la justification toujours aussi millimétrée de la part de Nike : c’est la couleur des serpents et les serpents ça fait peur. En gros. Ses ventes seront bonnes à moins qu’il ne soit éclipsé par le maillot extérieur, qui sera de couleur crème ! C’est la deuxième fois que le club joue dans cette couleur, après 2003. Et le maillot crème de 2003 représente le premier titre majeur du club, la coupe Yamazaki Nabisco remportée contre les Kashima Antlers. Autant dire que question valeur sentimentale, ça se pose là. Il ne fait aucun doute que, malgré son design beaucoup plus simple que le maillot de 2003 (fait par Puma), ses ventes seront, comment dire… bonnes. Le maillot domicile se contente d’être entièrement rouge, col compris. La subtilité vient d’une surimpression légèrement plus foncée en forme de diamant (enfin, de losange quoi) sur toute la partie frontale. Ce losange est aussi présent sur le maillot émeraude. Le maillot crème affiche, lui, des rayures horizontales tout aussi légèrement plus foncées. Mais ce qu’il faut retenir, c’est qu’il est de couleur crème. Mais du coup, le maillot domicile, lui, se vendra-t-il ? Dans sa version J.League, c’est probable puisque les supporters des Reds aiment bien mettre à jour leur garde-robe, malgré un sponsor peut-être moins sexy que Savas : Polus. Mais dans sa version Asian Champions League, le maillot se vendra sûrement très bien car le sponsor frontal est cette fois le propriétaire de l’équipe, la firme automobile Mitsubishi Motors, qui était déjà le sponsor frontal lors de… la Yamazaki Nabisco Cup 2003. Le col rouge fait ressembler ce maillot à la mouture 2004 qui, avec le même sponsor, avait eu beaucoup de succès. Nylon Ganbare pense que la palme ira au maillot crème dans sa version Asian Champions League, s’il est vendu. Ça semble logique. En tout cas, Nike s’en sort encore bien en tirant un peu toutes les cordes à sa disposition pour confectionner un set à la fois nostalgique et innovateur.

JEF United Chiba : Après une saison anniversaire du club marquée par un motif reprenant le premier maillot du club en championnat, Kappa revient à des choses plus simples, surtout pour lui. Si le modèle en lui-même subit les mêmes changements de col et de panneaux que celui de Sapporo, les motifs des différents uniformes de Chiba semblent un peu moins inspirés pour cette nouvelle saison : fines rayures vertes à domicile, fines rayures horizontales (vertes et rouges ?) à l’extérieur ; du très classique dans le domaine. C’est une excellente chose que de voir Chiba conserver ses couleurs d’origine sur la durée mais l’apparence globale de l’ensemble risque d’être beaucoup moins mémorable qu’aurait pu être (et a peut-être été) celle de la saison 2012, surtout si le club avait réussi à remonter en J1. Bref, on est en présence d’un combo Kappa x Chiba des plus basiques. Nylon Ganbare a envie de dire : « circulez, vous connaissez la suite… ».

Tokyo Verdy : En exclusivité, je vous révèle le cahier des charges intégral fourni à l’équipementier par les instances de Tokyo Verdy : « Faut du vert ». Sans rire, une fois que ce point est réglé, on peut ajouter à peu près ce qu’on veut. Heureusement, les fournisseurs successifs se sont montrés plutôt raisonnables en agrémentant tour à tour l’uniforme de blanc, de gris, de jaune, de orange, de doré, de vert fluo, et à nouveau de gris pour cette saison 2013. Athleta a gardé l’habitude d’intégrer dans le dos un vautour en surimpression, dont le rendu est plutôt joli, mais ce qui gêne, c’est l’association du vert et du gris en rayures dégradées. Par le passé, le gris décorait le maillot en panneaux pleins et en devenant la couleur principale du short. Mais ici, le vert et le gris se mélangent. Et cela ne donne pas la teinte la plus belle qui soit, c’est certain. Les deux teintes de vert compensent en renforçant l’identité du club (il faut dire, quand on s’appelle « Verdy »…). Le panneau gris et étroit près du col semble chercher sa place en contournant le blason par le haut mais les deux « piques » du bas incarnent, elles, un classique qui marche à peu près toujours. A l’extérieur, le blanc, couleur principale, est accompagné d’une seule teinte de vert qui donne un aspect un peu générique à côté du maillot domicile. De plus, le panneau vert près du col alourdit encore plus l’ensemble que sur le premier uniforme mais il a le mérite de montrer la couleur du club, même lorsque celui-ci est loin de chez lui. Le maillot de gardien est noir, ce qui fait ressortir un peu plus les rayures vertes et grises en dégradé. Bizarrement, ça correspond mieux à un maillot de gardien. Tant mieux pour lui. A part ça, la coupe et la finition ont l’air d’être à nouveau au rendez-vous et c’est tout à l’honneur d’Athleta, qui au moins tente des choses.

Yokohama F.Marinos : Nos palmipèdes préférés avaient réalisé une performance de premier ordre la saison dernière. En ce qui concerne les maillots, j’entends. Le bleu plus foncé, le motif de mouettes et de vagues, la mise en valeur du côté « tricolore » du club, tout y était. Ils auraient pu garder cela un an de plus. Mais le business est ce qu’il est et c’est donc avec une certaine crainte que Nylon Ganbare a parcouru la nouvelle officielle annonçant de nouveaux uniformes pour 2013. Qu’en penser ? A domicile, le bleu redevient plus clair, moins « sérieux » à l’œil et rappelle les quelques tentatives de Nike. Le rouge se fait plus discret en disparaissant des manches et le maillot incorpore plus de blanc à travers le col, et surtout à travers le motif choisi pour décorer la bidasse des joueurs de champ : des fines rayures verticales. On ne peut s’empêcher de se dire que c’est un peu décevant. Certes, on ne pouvait pas avoir chaque année une œuvre d’art figuratif mais ces fines rayures, si elles ont déjà été vues sur un maillot extérieur de Nike, déséquilibrent un peu le côté « tricolore ». Sans les chaussettes et le short, le maillot est plus « bleu et blanc » que « bleu, blanc et rouge ». Peut-être que des rayures alternativement blanches et rouges, à la « française », auraient à leur tour accentué cet aspect fortement identitaire des F.Marinos. Hormis cette remarque, ça reste du Yokohama tout ce qu’il y a de plus acceptable. Tant que le short est blanc avec les trois bandes tricolores, on se moque un peu de son design. A l’extérieur, on notera le retour de l’association du blanc avec le gris et le noir, qui fait partie de l’histoire de la formation, mais l’incorporation de bleu et de rouge surcharge un peu le tout en termes de couleurs, alors au nombre de cinq, et l’arrêt net du motif en haut du maillot est toujours aussi déroutant. Le maillot du gardien a d’ores et déjà gagné sa place dans une poubelle, faisons comme si il n’était pas là.

Yokohama F.C. : On ne change pas les habitudes des euh… des hiboux extraterrestres mutants (si quelqu’un pouvait me donner l’espèce animale représentée par leur mascotte), le danois Hummel fournit à Yokohama son nouveau modèle, avec un coloris majoritairement bleu clair et accompagné de bleu foncé et de blanc. Une petite touche personnelle vient cette année s’ajouter au tableau, à travers des rayures horizontales assez fines, mais quelque peu désordonnées, qui semble être une nouvelle interprétation de leur uniforme de 2007 -celui qui ressemblait à une tenue de marin-. A l’extérieur, les couleurs sont simplement interverties mais dans l’ensemble on sent bien que ce sont là des uniformes du Yokohama Football Club. En fait, les couleurs font à peu près tout le travail. Essayez d’observer le même uniforme en remplaçant le bleu clair par du marron, le bleu foncé par du vert, et le blanc par du rose. En même temps, avec ces couleurs, n’importe quel modèle deviendrait une arme de destruction oculaire. Ce qui explique pourquoi aucun club ne joue en marron, vert et rose. Quant au maillot rouge, on va dire que c’est celui du gardien. Après tout, Yokohama F.C. adore sortir des troisièmes maillots uniquement quand la moitié de la saison s’est déjà écoulée et puis celui-ci n’est pas assez expérimental pour être un troisième maillot de ce club.

Nagoya Grampus : Les petits plats dans les grands, c’est une expression que peut définir de manière satisfaisante les nouveaux uniformes de Nagoya. Pour l’anniversaire du championnat, le club rappelle une de ses vieilles couleurs, à savoir le blanc, pour lui donner à nouveau une petite place sur son maillot domicile, habituellement rouge, jaune or et noir. Les trois autres couleurs sont bien entendu présentes, dans leur hiérarchie traditionnelle. Le maillot est à dominante rouge, le short est noir, le jaune prend de l’importance grâce à un design frontal travaillé (même si on pourrait l’utiliser comme fond d’écran pour Windows) et intégré assez subtilement comme le furent d’autres motifs affichés par Nagoya à l’époque bénie du dégradé (le début des années 2000). Tout comme les deux dernières saisons, le reste des uniformes reprend exactement le même modèle, en changeant les couleurs. Pas d’extravagance ici : loin de chez lui le club jouera en blanc orné de rouge. Petit bonus pour le maillot de Narazaki, dont les couleurs s’associent de belle manière grâce à ce design. Petit malus pour le vide autour de l’éternel sponsor corporatif, qui vient vilainement couper le fameux motif travaillé. Enfin, c’est quand-même très propre de la part de Le Coq Sportif.

Pour le reste, ça attendra. Il ne faut pas abuser des bonnes choses, comme dit l’adage (qui au passage raconte pas mal d’âneries à ses heures et à plein d’autres gens par la même occasion).

Le mot du jour : FLOCAGE

Le flocage est un procédé d’impression utilisé dans plein de domaines, comme celui du bâtiment par exemple. Entre autres, il permet de coller un certain nombre de matières sur du tissu. Pour cela, on utilise une colle réagissant à l’action d’une chaleur élevée dans un court laps de temps. Dans le football, lorsque les flocages ne sont pas directement appliqués en usine, les équipes utilisent des machines individuelles permettant d’appliquer la pression et la chaleur nécessaire pour coller les éléments, préparés en amont lors de leur fabrication, aux différentes pièces des uniformes, aussi bien les maillots que les shorts. Ces machines sont utilisées pour préparer les tenues des professionnels mais aussi, et de plus en plus, dans les boutiques de ces mêmes clubs et dans les grandes enseignes pour satisfaire les supporters souhaitant obtenir une tenue identique à celle de leurs joueurs préférés.

Dans le football, le terme flocage désigne majoritairement les sets de noms et de numéros, souvent associés sur une même plaque. Certains designs de flocages sont élaborés en totale adéquation avec le design de l’uniforme et deviennent alors part entière de l’harmonie de l’ensemble. Parfois, ça détruit tout. Mais l’action de floquer concerne tout aussi bien les publicités et les différents patchs de compétition qui s’affichent sur les manches. Le gros défaut du flocage se situe dans l’entretien de la pièce à laquelle il est collé. En effet, pour le supporter, le passage de son maillot à la machine est toujours une étape teintée de craintes, souvent justifiées, tant la propension du flocage à se décoller dudit maillot n’est plus à prouver.

Petite remarque au passage : les flocages utilisés sur les contrefaçons sont d’ordre général plus épais, plus lourds, et se décollent bien plus facilement. Donc ce n’est pas bien. Pour palier à ce problème et au problème de poids, certains équipementiers choisissent d’imprimer directement les sponsors dans le tissu comme part entière du motif. Il n’y a absolument aucun point négatif à cette technique, si ce n’est le risque de changement de contrat de sponsoring en cours d’année, qui obligerait le club à demander en urgence de nouveaux jeux de maillots. Les noms et numéros, eux aussi, peuvent être directement imprimés dans le tissu mais, même dans ce cas, on les appellera toujours « flocage« , désignant ce qu’ils représentent plutôt que leur composition et leur application. Cela se voit en handball et en rugby mais très peu en football.

Emploi du terme dans la vie de tous les jours : « Mais espèce de truffe, l’eau qu’a gelé dans le congélo c’est pour mettre dans ton Coca, pas dans ton Super Soacker ! » ou encore « C’est dix-huit euros, monsieur.« 

A bientôt les enfants !

Nylon Ganbare

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