L’Albirex Niigata dans la tourmente

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Le long chemin de croix du Gamba Osaka ainsi que les difficultés de Kashima et de Kashiwa ont contribué au peu d’attention accordé au début de saison compliqué de l’Albirex Niigata. Une défaite 1-6 et un licenciement d’entraîneur plus tard, les projecteurs sont désormais braqués sur le club qui s’offre sa première crise véritable depuis son accession en J1 en 2004. Un rapide décryptage de la situation s’impose.

Le club du grand Kisho Yano ne doit pas descendre en J2.

Il faut bien comprendre que l’Albirex Niigata présente des spécificités dans le paysage de la J.League. Contrairement à ce que bien des gens pourraient croire, le club possède l’une des bases de supporters les plus solides du championnat et s’assure des revenus de billetterie conséquents. L’existence d’une équipe satellite dans le championnat de Singapour et sa capacité à trouver de manière régulière de très bons joueurs à l’étranger montrent bien que le club a bien une dimension que l’on pourrait qualifier d' »internationale ». L’Albirex Niigata n’est pas un club quelconque de milieu de tableau de J.League : sa bonne santé financière et son audience en font un club à part.

Les difficultés rencontrées doivent amener une analyse en deux temps : si des problèmes ponctuels pour le simple exercice 2012 étaient prévisibles (Nippon Ganbare avait d’ailleurs émis des doutes sur la capacité de l’Albirex Niigata à effectuer une bonne saison), ils amènent un questionnement légitime sur la politique à long terme des dirigeants.

Cho Young-Cheol désormais au service de l'Omiya Ardija.

On peut amorcer un début d’explication avec, d’abord, un mercato une nouvelle fois raté. Il est absolument incompréhensible de voir l’Albirex céder un garçon bourré de talent comme Cho Young-Cheol à un club comme Omiya Ardija. Le départ de Gotoku Sakai n’a pas non plus été compensé. Une impression de déjà vu ? En effet, on touche là à une constante du club qui, chaque saison, ne parvient pas, faute de volonté, à conserver ses meilleurs éléments (Edmilson, Pedro Junior, Marcio Richardes, etc.). Les renforts soulèvent eux aussi leur lot d’interrogations. Passons rapidement sur les cas Shoki Hirai et Kisho Yano : pas besoin d’être devin pour douter de l’apport potentiel d’un buteur en manque de confiance et d’une star locale sur le retour après un an et demi sans jouer. Taisuke Nakamura, Kim Young-Geun, Kim Jin-Soo, Musashi Suzuki, Kenji Koyano. Des jeunes joueurs prometteurs, évidemment. Cependant, quel est l’intérêt (à part pour le capital sympathie) d’avoir une équipe satellite dont l’attrait principal est de donner du temps de jeu à des jeunes du crû, dès lors que le rajeunissement de l’effectif s’effectue en dehors de celle-ci ? Ce recrutement pose la question de la politique de jeunes de l’Albirex Niigata. A part Atomu Tanaka et Daisuke Suzuki, quels joueurs formés au club ont donc été intégrés de manière réussie à l’équipe première ? On est ici au cœur du problème, avec cette incapacité à conserver ses meilleurs éléments et à proposer une politique de formation des jeunes cohérente.

Hisashi Kurosaki n'est plus l'entraîneur de l'Albirex Niigata.

La dernière question que l’on peut se poser a trait à l’avenir immédiat du club. Le licenciement de Hisashi Kurosaki interpelle dans le sens où, jusqu’à la déroute face au Jubilo Iwata, l’Albirex Niigata ne paraissait pas immédiatement menacé par le spectre de la relégation. Certes, nous avons un regard d’observateur; certes, il nous manque des éléments; reste que l’Albirex Niigata, sans proposer un jeu enthousiasmant, présentait une certaine solidité défensive et que les défaites avaient été enregistrées contre des clubs qui tous, à une exception près (l’Omiya Ardija de… Cho Young-Cheol, tiens donc) occupent désormais la première moitié de tableau. Non, l’Albirex Niigata n’est pas encore condamné et, oui, il y a des raisons d’espérer pour les supporters du club, emmenés par le fervent wangyeldorji. 6 points de retard sur un premier non-relégable aussi moyen que l’Omiya Ardija sont rattrapables. Dans l’immédiat, il faut surtout que les dirigeants réagissent enfin, pour que la J.League ne perde pas l’un de ses meilleurs publics.

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