Japon 3 – 1 Islande : c’est fjord !

Be Sociable, Share!

Japon 3 – 1 Islande, 19h20 (HJ), Nagai Stadium
Buteurs : Maeda (2′), Fujimoto (52′) et Makino (77′) pour le Japon, Smárason (PK, 91′) pour l’Islande.
Cartons jaunes : Okubo (19′) et Makino (90′) pour le Japon, Thorvaldsson (45′) pour l’Islande.
Japon : Nishikawa, Makino, Kurihara (Kondo 76′), Konno (Moriwaki 82′), Komano (Inoha 64′), Endo, Masuda, Okubo (Tanaka 46′), Kashiwagi (Nakamura 46′), Fujimoto (Ishikawa 64′), Maeda.
Islande : Halldórsson (Gunnleifsson 46′), Jónsson, Adalsteinsson, Jónasson, Valdimarsson (Björnsson 83′), Kristjansson (Fridgeirsson 46′), Danielsson, Sigurdsson (Skúlason 68′), Smárason, Thorvaldsson (Johannsson 74′), Vilhjálmsson (Thorsteinsson 46′).

Le Japon a facilement disposé de l’Islande sur le score de 3-1 lors de sa première sortie en 2012. Privée de certains de ses meilleurs éléments, retenus par leurs clubs européens, l’équipe nippone n’a pu développer un jeu aussi léché qu’à l’accoutumée mais cela a largement suffi face à une sélection islandaise faible mais valeureuse. Ryoichi Maeda ouvrait le score dès la deuxième minute grâce à un bon travail de Tomoaki Makino, utilisé au poste d’arrière gauche pour l’occasion. Le joueur des Reds d’Urawa ponctuait une belle séquence de dribbles par un subtil centre de l’extérieur du pied qui trouvait la tête de Maeda à bout portant pour le 1-0. Les quarante-quatre minutes restantes en première mi-temps seront relativement mornes, la faute à des joueurs en manque d’automatismes ou pas vraiment motivés face à un adversaire limité.

En deuxième mi-temps, Zaccheroni injectait du sang frais avec les entrées de Kengo Nakamura et Junya Tanaka, qui fêtait sa première sélection, aux places d’un très timide Yosuke Kashiwagi et de l’exubérant Yoshito Okubo qui, on l’espère, faisait définitivement ses adieux au maillot bleu et rouge. La présence du meneur de jeu de Kawasaki Frontale a rapidement transformé l’équipe. Contrairement à Kashiwagi, il s’est montré disponible et sa vision du jeu ainsi que sa vitesse d’exécution ont permis de porter le danger plus rapidement sur le but islandais. A la 52ème minute, après avoir reçu la balle dans le rond central, il se retournait rapidement pour lancer Jungo Fujimoto , qui s’en allait ensuite battre le portier adverse d’une jolie pichenette pour célébrer son premier but en équipe nationale. Dans la minute qui suivait, Junya Tanaka manquait une grosse occasion après s’être bien emmené le ballon de la poitrine, puis plus rien si ce n’est une clownerie qui a bien amusé les spectateurs du Nagai Stadium. Le n°7 islandais, entré à la mi-temps, que l’on nommera Touchesson pour l’occasion, a fait la démonstration de son talent pour exécuter ce que l’on appelle « handspring throw-in« , une touche acrobatique qui consiste à faire une sorte de cabriole avec le ballon pour augmenter la puissance de l’impulsion et lancer plus loin. Bien évidemment, c’est spectaculaire et ridicule car imprécis, mais l’utilisation de cette technique jusque-là inédite au Japon a égayé un match bien morne. Touchesson l’a d’ailleurs reproduite à 8 reprises soit plus de fois que ce qu’il n’a touché le ballon avec le pied.

Ne le faites pas chez vous les enfants.

A la 77ème minute, Makino répliquait à l’ingéniosité de Touchesson en marquant un but depuis le sol après avoir tenté une reprise acrobatique complètement manquée. Inspiré (il déclara d’ailleurs après le match qu’il s’entrainerait à reproduire cette technique de touche), il ne laissa pas le match se terminer sans une dernière plaisanterie après avoir concédé un pénalty à la dernière minute pour une faute stupide et inutile. Penaltysson trompait Nishikawa sur sa droite et l’Islande sauvait l’honneur sans vraiment avoir essayé.

Ce fut loin d’être un grand match de la part des Samurai Blue et on a le souvenir de débuts d’année plus inspirés -le plus récent étant cette magnifique Coupe Kirin 2009- mais il est difficile d’être exigeant quand on voit les limitations avec lesquelles Zaccheroni a dû composer son effectif. Les rangs des internationaux expatriés ne cessent de gonfler et ceux-ci n’ont pu être libérés car cette rencontre ne comptait pas comme une date FIFA et les joueurs de J.League sont en pleine préparation, donc encore loin de leur meilleure forme. De plus, ce mini camp d’entrainement a fait des dégâts et pas moins de trois joueurs (Yuki Abe, Hidetaka Kanazono et Daiki Iwamasa) ont dû déclarer forfait pour blessure. Le Jubilo Iwata est décidément très malchanceux avec l’équipe nationale puisqu’après Ryohei Yamazaki, out deux mois pour un bras fracturé lors de Syrie – Japon U23, c’est l’autre attaquant Kanazono qui se casse un métacarpe du pied et devra observer trois mois de repos. Fort heureusement pour eux, Ryoichi Maeda est ressorti indemne de la rencontre.

Ce match permit ainsi à Zaccheroni de convoquer quelques nouveaux éléments, certains destinés à tout de suite renforcer l’équipe et d’autres, comme Yuya Kubo, Gaku Shibasaki et Ryota Isomura (tous âgés de 20 ans ou moins), appelés pour prendre un premier contact ainsi que la mesure du niveau qu’ils devront atteindre pour en faire partie pour de bon. Chikashi Masuda a été le seul nouveau à démarrer le match et il a réussi sa première en jouant de manière appliquée à côté de Yasuhito Endo. Si l’adversaire était trop faible pour que cette performance ait une vraie valeur, on peut dire qu’il n’a pas perdu de points. Le duo du Kashiwa Reysol Junya Tanaka – Naoya Kondo a fait son apparition en première mi-temps et, si le premier pourra regretter d’avoir raté une occasion, le second n’aura pas grand chose à se reprocher tant il est apparu serein et assuré dans ses interventions. Nul doute qu’il vient de mettre son nom dans la rotation des défenseurs centraux, surtout après le nouveau rendez-vous manqué d’Iwamasa avec la sélection à cause d’un lumbago.

L’entraineur transalpin a commencé la rencontre avec le 4-2-3-1 qu’il utilise lorsqu’il a les joueurs expatriés à sa disposition. En l’absence de Kawashima, Nishikawa prenait place dans les cages, Kurihara était le partenaire de Konno alors que Komano et Makino occupaient les côtés. Masuda et Endo assuraient la couverture de la défense et la ligne offensive était constituée d’Okubo à droite, Fujimoto à gauche et Kashiwagi derrière Maeda.  Même système donc mais claire (et compréhensive) baisse de qualité car les Okubo, Kashiwagi et autres Makino souffrent clairement de la comparaison avec Honda, Kagawa ou encore Nagatomo. Au milieu de terrain, si Masuda est un joueur intelligent avec une bonne qualité de passe, il n’a pas l’agressivité et le leadership d’Hasebe et les Islandais en ont profité pour s’offrir quelques séquences de jeu dans le camp japonais. Avec Kurihara ou Makino, la gaffe n’est jamais trop loin donc la défense a besoin d’une réelle protection que Yuki Abe aurait pu être s’il ne s’était pas blessé.

Malgré les bonnes relances des milieux relayeurs après la récupération de la balle, les joueurs offensifs ne se sont pas montrés assez créatifs et peu d’actions ont débouché sur de réelles occasions alors que la défense islandaise était clairement fébrile. Yoshito Okubo a fait du Okubo. Bien que travailleur mais trop laborieux et brouillon, il y a aujourd’hui trop de bons ailiers pour qu’il puisse espérer se faire une place dans les matches qui comptent. Merci pour ce dribble face aux Pays-Bas il y a deux ans et au revoir. Fujimoto a inscrit un but mais peine toujours à poser son influence dans le jeu, il ne prend pas assez de risques alors qu’il a autour de lui les joueurs pour combiner. Yosuke Kashiwagi a rendu une copie décevante en fuyant le ballon et se montrant décidément trop lent pour jouer aussi haut sur le terrain. Il lui reste beaucoup à apprendre, notamment de Kengo Nakamura qui l’a remplacé et s’est tout de suite montré décisif. Kengo aura 33 ans au moment de la prochaine Coupe du Monde mais, s’il continue à tenir cette forme, il n’y a aucune raison qu’il n’y prenne pas part ! Maeda a fait son travail en convertissant sa seule occasion. Et puis il y a Makino : superbe action sur le but de Maeda, oui. Il met le sien ensuite, son premier en équipe nationale, c’est très bien. Mais ce penalty à la fin est tellement stupide et emblématique des défauts de ce joueur qu’il colore négativement une prestation pourtant encourageante. Il a créé des buts mais la fonction première d’un arrière est de défendre et il failli.
On saluera aussi le retour du très aimé Naohiro Ishikawa, même s’il ne devrait pas faire partie du futur de cette équipe.

Il y a eu la victoire, il y a eu des enseignements, il y a eu des touches acrobatiques; bref, un bon amuse-gueule avant le retour des patrons pour le match contre l’Ouzbékistan. Keisuke Honda n’a plus joué en équipe nationale depuis 6 mois et l’on espère de tout cœur le revoir la semaine prochaine pour remporter cette dernière rencontre qualificative pour la prochaine Coupe du Monde et ainsi véritablement lancer cette année 2012.

 Le résumé du match :

Be Sociable, Share!