Corée du Nord 1 – 0 Japon : un faux pas à Pyongyang

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On pouvait penser que le Japon, déjà qualifié pour le prochain tour des éliminatoires et restant sur une série de 18 matchs sans défaite, se rendrait à Pyongyang sans véritable pression.  Il n’en a rien été. Sans se lancer dans des théories de géopolitique footballistique, il est certain que le contexte d’un match en Corée du Nord est toujours particulier. Les joueurs japonais ont été privés, à l’occasion de ce déplacement, d’une grande partie de leurs effets personnels (téléphones, ordinateurs, nourriture) : un exemple pour rappeler, à ceux qui en doutaient encore, que cette rencontre est toujours assez unique en son genre. Mais parlons football.

Face aux Japonais larges vainqueurs du Tadjikistan quelques jours plus tôt se dressait une équipe de Corée du Nord déjà éliminée dans ces éliminatoires de la zone Asie après deux défaites face à l’Ouzbékistan. Rien d’insurmontable ? Au contraire. Une victoire face au Japon pour sauver la face dans ces éliminatoires était devenue particulièrement importante et ce, quel qu’en soit le prix. Il existe plusieurs facteurs qui, dans un match de football, restent impossibles à prévoir et difficiles à analyser (heureusement). Le facteur mental en fait partie; cet élément qui peut transformer une équipe médiocre et lui fournir les armes pour pallier à un déficit technique. Sans entrer dans la caricature, difficile de comprendre ce match en occultant ce facteur mental. Pour les Japonais, ce match n’avait pas d’enjeu réel et était l’occasion de faire souffler les cadres tout en testant des joueurs supposés capables de concurrencer les titulaires en place. Pour la Corée du Nord, il était question d’honneur. La différence de motivation était évidente.

Un Japon évoluant sans ses habituels titulaires

 

Alberto ZACCHERONI a gardé le même système mais a changé d’hommes. Yuzo KURIHARA a fait son apparition en défense centrale à la place de Maya YOSHIDA, tandis que Yuichi KOMANO se retrouvait sur le côté droit suite à la titularisation de Masahiko INOHA. Hajime HOSOGAI prenait la place de Yasuhito ENDO au milieu de terrain, tandis que Hiroshi KIYOTAKE remplaçait numériquement Shinji KAGAWA. Ryoichi MAEDA retrouvait quant à lui une place de titulaire sur le front de l’attaque.

Quelles conséquences tactiques ? La paire Makoto HASEBE – Hajime HOSOGAI est objectivement plus « défensive » que la paire Yasuhito ENDO – Makoto HASEBE. Quant à la titularisation de Masahiko INOHA, elle est synonyme d’un couloir gauche lui aussi peu orienté vers l’attaque. Ce qui nous amène à dire que l’objectif tactique était visiblement d’aligner une équipe solide défensivement et moins créative que celle présente contre le Tadjikistan. Sans doute plus par absence de choix que par véritable volonté.

Défaillances individuelles et collectif fébrile

Les premières minutes ont eu le mérite de donner le ton. Pressing et engagement physique constant des Nord-coréens, coupant sans cesse les relances japonaises : les japonais allaient devoir sérieusement hausser leur niveau de jeu pour espérer ramener un résultat. Au terme d’une première mi-temps copieusement dominée par la Corée du Nord, plusieurs constats étaient possibles. L’équipe japonaise souffrait d’un manque de créativité évident, doublé d’une présence physique inférieure à celle de son adversaire. L’écart entre les récupérateurs, absorbés par leurs tâches défensives, et les milieux offensifs coupait court à toute possibilité d’offensive construite. Yuzo KURIHARA et Masahiko INOHA s’étaient également révélés particulièrement fébriles.

Et malheureusement, les choses n’allaient pas évoluer favorablement en seconde mi-temps. Malgré une tête de Ryoichi MAEDA très proche du but, les Nord-coréens reprirent rapidement leur domination, concrétisée par PAK Nam-Chol dès la 50ème minute de jeu.  Marquage approximatif, manque d’agressivité et passivité de Shusaku NISHIKAWA : les faiblesses défensives de l’équipe étaient révélées au grand jour. La réaction japonaise intervint à la 65ème minute sur une frappe lointaine de Shinji OKAZAKI, puis par une nouvelle frappe d’UCHIDA, entré en cours de jeu pour permettre un passage en 3-4-3. Un but refusé (justement) pour hors-jeu achèvera les derniers espoirs japonais de revenir au score. L’essentiel, cependant, n’était pas là. Les 6 cartons jaunes pris par les Nord-coréens et l’expulsion de JONG Il-Gwan montrent l’état de tension dans lequel s’est déroulée cette seconde période. L’agressivité, la ténacité et le jeu brutal ont été les armes du vainqueur du jour, poussé par son public dans une ambiance rarement vue.

Quelles conséquences pour le Japon ?

Il est important, malgré cette mauvaise performance, de relativiser l’échec japonais. Cette défaite, concédée dans des conséquences très particulières, rappelle uniquement que le Japon ne possède pas la profondeur de banc des grandes équipes européennes. Cette équipe, composée principalement de remplaçants, n’a pas su opposer une véritable résistance et a craqué mentalement et physiquement. Le Japon, en l’absence de Keisuke HONDA, de Yasuhito ENDO et de Shinji KAGAWA, souffre d’un déficit de créativité. Accordons cependant à cette équipe bis le bénéfice du doute : il y a mieux qu’un match à Pyongyang pour prouver sa valeur aux yeux du sélectionneur. Le pessimisme excessif et les conclusion hâtives sont donc à bannir. Face à l’Ouzbékistan, le Japon aura bien assez tôt l’occasion de montrer sa capacité à rebondir.

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