Contribution des lecteurs #1 :Japon-Espagne vu par Julia (bunny-tsukino)

Nouveauté sur la plateforme Nippon Ganbare ! Nous vous donnons la parole avec la possibilité de vous exprimer sur un sujet en rapport avec l’actualité du football japonais. Coup de gueule, impression, infatuation, extermination,… Dites-nous ce que vous pensez en toute franchise, sans contrainte de ton particulière (évitez tout de même le langage vulgaire, hein).

On inaugure donc cette toute nouvelle rubrique avec la chronique de Julia (aka bunny-tsukino), qui nous raconte son Espagne – Japon. Tous les textes, du moment que ces derniers sont bien écrits, sont les bienvenus ! A vos plumes !

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Contribution des lecteurs #1 : La Chronique de Julia (bunny-tsukino)

« Le Japon n’est pas une grande nation de football. » Riche de ce constat ancré dans les mÅ“urs occidentales, moi, Julia, petite fille en fleur et à l’âge inconnu, j’ai visionné aujourd’hui un match disputé dans le cadre des Jeux Olympiques 2012.

D’un côté l’Espagne, la Roja, double championne d’Europe et du monde en titre, unanimement reconnue comme étant la meilleure équipe au monde. Même si une frange de haters, jaloux de ses récentes victoires et fans d’un Brésil 11ème au classement FIFA, aiment à le contester.

De l’autre, donc, le Japon, une équipe généreuse et disciplinée mais dénuée de grands talents. Physique, technique, puissance collective, les samouraïs affichent de belles dispositions mais n’excellent dans aucun de ces domaines. S’ils ont effectué des progrès substantiels depuis dix ans, il n’en demeure pas moins qu’aujourd’hui encore, ils se trouvent à des années-lumière des cadors, des mastodontes, de ceux qui ont le droit de rêver à un sacre mondial. Ils doivent considérer comme une victoire le fait de perdre avec un menu écart, le revers étant tristement prévisible…

Car les exploits, d’habitude, ils sont réservés aux nations athlétiques, bétonneuses et coriaces. Un pays où le football n’existe pas – sinon dans Olive et Tom – n’aura jamais l’étoffe pour réaliser un tel tour de force ! Qu’il laisse ça au Nigeria, à l’Irak, au Honduras ou encore à la Biélorussie. Eux, au moins, ils ont un domaine de prédilection, une vraie force sur laquelle s’appuyer. Pas le Japon…

David contre Goliath

Toutefois et paradoxalement, j’ai développé un intérêt envers ce match qui s’annonçait déséquilibré, à sens unique, joué d’avance. Une façon de mesurer une fois de plus la différence abyssale entre l’Asie et l’Europe au niveau du football. C’était déjà écrit, l’Espagne allait torcher les Nippons, les tuer, les humilier.

Pourtant, le début de match fut équilibré. Mieux, il a vu les Asiatiques se créer une à deux situations chaudes par l’entremise d’un Nagai vibrionnant et infatigable. Émoussée, brouillonne, empruntée ou je ne sais quoi d’autre, la Roja (qui évoluait en bleu pour l’occasion) a déjoué, bafouillé, multiplié les passes, les décalages inutiles, mais n’a jamais véritablement inquiété une défense japonaise compacte et hargneuse, à l’exception d’un tir estampillé Mata et repoussé par Gonda en corner. Le constat m’est alors apparu aussi distinctement qu’une étoile au milieu de la pénombre : contre toute attente, l’Espagne offrait à son modeste rival une occasion en or de s’adjuger un point inespéré. Peut-être même trois…

Saisissant au bond cette fabuleuse opportunité, le Japon ouvrit la marque à l’issue d’un corner anodin. Otsu, coupeur de citrons à M’Gladbach, libre de tout marquage, poussa le ballon dans la cage espagnole. 0-1. Ce fut le début d’un effondrement inévitable pour des champions d’Europe qui n’ont jamais tenu leur rang dans ce match. D’abord, une expulsion litigieuse venue sanctionner un accrochage sur le toujours aussi remuant Nagai. Puis, une flopée d’occasions concédée au retour des vestiaires et qui, sans un Japon éternellement maladroit dans sa finition, que dis-je, indigne d’une équipe de haut niveau, aurait accouché d’un, non, de deux buts supplémentaires.

Tête basse, les Ibériques se sont logiquement inclinés à l’issue d’un match qu’il n’ont jamais su emballer, où jamais ils n’ont instillé ne serait-ce qu’une dose de folie. Comme le dit l’expression consacrée, « Ce soir, ils ont fait un non-match !« . Appliqué mais chanceux, le Japon a tout simplement tiré profit de l’étonnante faiblesse de son adversaire du jour. Quels enseignements peut-on en tirer ? Assez peu. En cas de victoire 4-0 à onze contre onze face à la meilleure équipe du monde, oui, nous aurions atteint l’acmé de la jouissance. Là, au vu de la propension qu’a eu cette équipe à vendanger de nombreuses et énormes occasions de but, nous pouvons seulement trembler en songeant aux échéances à venir. Nul doute qu’une telle inefficacité se paiera cash devant le Maroc et le Honduras…

« Le Japon n’est pas une grande nation de football. » Triste réalité…